Zun Zun Egui


Zun Zun Egui est un groupe cosmopolite de musique post-tropicale originaire de Bristol. On va s'attarder sur cette première phrase, car chaque partie a sa portée. Commençons d'abord par « Bristol » : métropole britannique peu chère située dans le sud-ouest de l'Angleterre, elle incorpore une histoire de la musique progressiste. Cette histoire démarre dès la fin des années 70 avec les expérimentations punk de Glaxo Babies et The Pop Group. Dans les années 90, elle continue par la naissance du trip hop avec Massive Attack, Portishead puis Tricky et se prolonge jusqu'à aujourd'hui grâce à l'électro inquiétante de Fuck Buttons et le folk sinistre de Matt Elliott. Zun Zun Egui trouve toute sa place à Bristol, ville sensible qui sait offrir de l'hospitalité à la créativité. Concentrons-nous ensuite sur « cosmopolite » : la formation est composé de Kushal Gaya, chanteur et guitariste citoyen de l'île Maurice, de Yoshino Shigihara, joueuse de synthétiseurs et peintre originaire du Japon, de Matthew Jones et de Luke Mosse, respectivement batteur et bassiste anglais. Au delà d'une étiquette facile, le groupe est capable de s'écouter et de fondre les influences individuelles pour produire un espace commun entre la catharsis désinvolte et les compositions rythmiques et tonales plus complexes. Ce n'est pas un hasard si Zun Zun Egui tourne aussi bien avec le prince syrien du dabké Omar Souleyman qu'avec le collectif de punk néerlandais The Ex et publie deux maxis chez Blank Tapes, le label initié par Bass Clef, une figure importante de la scène dubstep, avant de rejoindre Bella Union, la maison de disques fondée par Robin Guthrie et Simon Raymonde des Cocteau Twins. Enfin, terminons sur « post-tropicale » : pour décrire la musique de la formation, il faut s'imaginer que Battles soit un groupe anglais qui fait une sorte d'afro-disco-rock expérimentale accompagnée d'airs accrocheurs et dentelés d'éclaboussures bruyantes. C'est une fusion de tropicalisme impulsif, de rock contemporain, de grooves carnavalesques et de chants créoles ; une odyssée kaléidoscopique libérée de toute contrainte géo-culturelle. Difficile à croire, mais cette bande a sans doute plus d'idées que Yeasayer, plus de talent que Dirty Projectors et la presse spécialisée est unanime pour dire qu'il s'agit meilleur groupe anglais à voir sur scène. Le 4 octobre est aussi la date de sortie de Katang, le nouvel album de Zun Zun Egui — ces gars-là sont à deux doigts d'exploser pour devenir des superstars gigantesques — alors n'attendez plus, venez faire la fête avec nous !